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Le blog de Charles Nicolas
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Le blog de Charles Nicolas
  • Dans une société déchristianisée où les mots perdent leur sens, où l'amour et la vérité s'étiolent, où même les prédicateurs doutent de ce qu'ils doivent annoncer, ce blog propose des textes nourris de réflexion biblique et pastorale.
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27 février 2023

Le pardon (1)

 

 

Le pardon (1)

 

Le pardon peut être comparé à une porte : la porte du Salut (Lc 1.77) ! Mais aussi une porte pour la grâce, une porte de réconciliation, une porte de guérison, une porte de délivrance et, c'est sûr, une porte pour la joie.

Cette porte, dans ma vie, est-elle fermée, entrouverte, ouverte ou grande ouverte ?

Du côté de Dieu, la porte est ouverte. Le pardon se trouve auprès de toi, afin qu'on te craigne ! (Ps 130.4).Et de notre côté ? Et de mon côté ? Cette question est capitale. La réponse, néanmoins, ne va pas de soi. Moi-même, je crois que j'hésiterais avant de répondre. Lectures : Matthieu 3.1-3 ; Jacques 5.16

 

1. Une porte

Il est évident que le ministère de Jean-Baptiste ouvre une porte, celle du Royaume de Dieu. C'est quoi le Royaume de Dieu ? C'est là où Dieu règne ! Nous savons que l'on ne peut pas confondre le Royaume de Dieu et l'Eglise. Mais peut-on les dissocier ? Que serait l'Eglise sans la dimension du Royaume de Dieu ? Une association cultuelle ? Un club sympa ? Un centre de formation ? Une ONG caritative ? Non, elle n'est pas cela.

Jésus bâtit son Eglise, et il introduit aussi dans les cœurs la dimension du Royaume de Dieu. Pour cela, il a repris la même prédication que Jean-Baptiste (Mt 4.17) ; et Pierre aussi après la Pentecôte (Ac 2.38-39). Le mot qui revient, vous l'avez entendu, c'est le mot 'repentance' qui suppose inévitablement la demande de pardon. Là, nous pouvons imaginer une porte à la fois grande ouverte... et étroite, par laquelle on ne passe pas “comme ça”. Un changement s'opère quand on passe par là. On n'est plus le même...

Jésus et les apôtres vont chasser des démons, opérer des guérisons. Mais la porte, c'est l'appel à la repentance, avec le pardon qui l'accompagne. N'est-ce pas étonnant ? L'explication tient à cette vérité, bibliquement incontestable mais assez rarement formulée aujourd'hui : Le premier mal, chronologiquement, n'est pas un mal subi, c'est un mal pratiqué.

Tout homme sur la terre, même s'il souffre, n'est pas premièrement une victime, c'est premièrement un pécheur, un offenseur (cf. Ro 1.18).

L'obstacle au Règne de Dieu n'est pas le mal que je subis, c'est le mal que je pratique.

Jésus le dit lors de la guérison du paralytique : Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés (Mt 9.2). Jésus voit le péché et il voit la souffrance. Mais l'obstacle ce n'est pas la souffrance, c'est le péché.

Dans un couple en difficulté, les deux souffrent bien sûr. Celui qui sauve le couple, c'est le premier qui demande pardon, quoi qu'il ait fait, même si c'est peu de chose.

 

2. La bouche

Pour demander pardon, il faut ouvrir la bouche. Ce n'est pas si facile que ça. La bouche est une porte également. Souvent elle reste fermée, surtout chez les hommes. Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, je gémissais, car nuit et jour ta main s'appesantissait sur moi. Ma vigueur n'était plus que sécheresse comme celle de l'été. – Pause – Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité ; j'ai dit : j'avouerai mes transgressions à l'Eternel ! et tu as effacé la peine de mon péché (Ps 32.3-5). Tant que je me suis tu, cela peut durer une heure, un jour, un mois, un an, dix ans !

Heureusement que l'enfant qui naît ne met pas si longtemps pour pleurer ! S'il ne crie pas, inquiétons-nous ! Avec ce cri, les fonctions cardiaques et respiratoires du bébé s'enclenchent, et la circulation sanguine démarre de façon autonome. Si aucun son ne sort de la bouche du bébé, il est bientôt mort.

Tant que je me suis tu, mes os se consumaient. Confessant publiquement leurs péchés, ils se faisaient baptiser par Jean dans le Jourdain, écrit Matthieu(Mt 3.6). Se faire baptiser, c'est déjà quelque chose. Mais confesser ses péchés, à haute voix (le mot grec le dit), comme cela devant tout le monde... Etaient-ils obligés ? Non ! Mais ils l'ont fait.

Moïse l'a écrit : Celui qui se rendra coupable fera l'aveu de son péché (Lv 5.5). Ils confesseront les transgressions qu'ils ont commises envers moi (c'est Dieu qui parle), et la résistance qu'ils m'ont opposée, péchés à cause desquels moi aussi je leur résisterai et les mènerai dans le pays de leurs ennemis (Lv 26.40-41).

Ils confesseront les transgressions qu'ils ont commises. Il y a un temps où cela semble impossible : c'est verrouillé. Et il y a un temps où cela devient nécessaire. Si vous avez une épine dans le doigt ou une balle de revolver dans le ventre, au bout d'un moment il est urgent de l'enlever, même si cela fait mal. Sinon, après ça va faire encore plus mal !Moi aussi je leur résisterai, dit Dieu. Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles(Jc 4.6 ; 1 Pi 5.5). Qu'est-ce qui est préférable ?

Frères et sœurs, il y a un lien entre le cœur et la bouche. C'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut (Ro 10.10) : le salut dans le sens de délivrance, d'affranchissement, de victoire. Il y a donc deux étapes : 1. au niveau du cœur : je reconnais et je décide de demander pardon ou de pardonner (c'est déjà beaucoup) ; 2. au niveau de la bouche, avec ces mots prononcés à haute voix : je te demande pardon, ou : je te pardonne. En un sens, c'est à ce moment-là et seulement à ce moment-là qu'il se passe quelque chose. On peut donc parler d'un processus.

Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris (Jc 5.16). Cela signifie que si nous ne le faisons pas, il y a des guérisons qui vont manquer.

 

3. La fierté

La fierté n'est pas une porte, c'est un mur. Ce n'est pas pareil. Il est impossible d'avoir de la fierté et de vivre la dimension du Royaume de Dieu. Or, jusqu'au brisement, nous avons tous de la fierté. Comment faire ? Apprenons à demander pardon et à pardonner. Non seulement cela va redonner la santé au corps, mais cela va toucher au cœur les inconvertis qui le verront : leur péché sera dévoilé, et la grâce de Dieu aussi.

Martin Luther le dit avec cette formule lapidaire qui résume l'Evangile : Dieu déclare juste celui qui se déclare pécheur ! Celui qui se déclare pécheur... C'est fort rare. Pierre, l'a fait après la pêche miraculeuse. Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toidemoi, parce que je suis un homme pécheur (Lc 5.8). (Tomber à genoux, c'est très rare aussi1). Un des deux brigands sur la croix l'a fait aussi : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation ? dit-il à l'autre brigand. Nous avons ce que méritent nos crimes, mais lui n'a rien fait (Lc 23.40-41).

Dans ces deux cas, c'est le fait de voir Jésus qui convainc l'homme de péché, c'est-à-dire qui détruit le mensonge qui me dit que je suis une victime et pas un pécheur. Dieu est lumière. Si quelqu'un dit qu'il n'a pas de péché, il vit dans les ténèbres, c'est un menteur. Si nous confessons nos péchés, nous sommes mutuellement en communion et le sang de Jésus nous purifie de tout péché. Je vous écris cela afin que notre joie soit parfaite (1 Jn 1.4ss).

La fierté, c'est un certain vêtement. Il faut le quitter. Et la pudeur ? Tant pis pour la pudeur. Sur les lits d'hôpitaux, certaines femmes après leur accouchement, certains malades que l'on a dû soigner ont perdu la pudeur. On les a vus nus, et cela ne les dérange plus. Ils ont perdu leur fierté, sans mauvaise pensée. Normalement il en est de même pour tous ceux qui sont circoncis de cœur. Comment quitter ce vêtement de la fierté, ce déguisement ? En demandant pardon et en pardonnant.

Si un mari demande pardon à sa femme, déchoit-il de son rôle de mari ? Non. Si un papa demande pardon à son enfant, déchoit-il de son rôle de papa ? Non. L'un et l'autre ouvrent un chemin de grâce et de vérité, ils sont des modèles. Si un ancien ou un pasteur demande pardon, en privé ou en public, déchoit-il de son rôle d'ancien ou de pasteur ? Non2. Il démontre qu'il aime le Seigneur par-dessus tout.

Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles. Normalement, nous avons déjà choisi notre camp. Il reste à adopter la posture qui convient. Mon mari, ma femme, mon enfant, papa, maman, chère frère, chère sœur, je te demande pardon – et je te pardonne si tu me demandes pardon, par amour pour mon Sauveur Jésus-Christ !

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Annexes

 

1. Le péché attriste Dieu

Si vous haïssez le péché en tant que péché, vous devriez être attentifs à tout ce qui attriste l’Esprit de Dieu et pas seulement ce qui vous attriste vous ! Pensez-vous que Dieu va vous aider alors que vous ne faites que rechercher hypocritement votre bien-être en cherchant à éliminer l’angoisse où vous plonge votre péché ? Pensez-vous que l’Esprit-Saint va soutenir votre esprit dans son hypocrisie et sa duplicité ? Pensez-vous qu’Il va vous délivrer de ce péché sachant que vous allez en commettre un autre, par lequel Il sera de nouveau attristé ? Nous ne devons pas lutter uniquement contre ce qui nous attriste, mais contre tout ce qui, en nous, attriste Dieu. L’œuvre de Dieu c’est que nous parvenions à une obéissance totale, et pas seulement à vaincre une convoitise. Quand nous haïssons seulement les péchés qui ont des retombées négatives dans notre vie, nous ne faisons que montrer que nous méprisons les meurtrissures qu’ils ont infligées à Christ. Si vous ne voulez pas livrer une guerre au péché dans votre vie, c’est que vous ne voulez pas de Dieu dans votre vie. Ces deux désirs ne peuvent cohabiter en paix en nous (John OWEN).

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2. La grâce ne doit pas être dilapidée

Dietrich Bonhoeffer (1906 - 1945) est un pasteur allemand qui s'est opposé à la mainmise d'Hitler sur l'Eglise protestante officielle. Emprisonné par les Nazis, il a été pendu quelques jours avant la fin de la guerre. Qui parmi nous a déjà entendu commenter Matthieu 7.6 ? Il le fait brièvement ici.

Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent" (Mt 7.6).

La promesse de la grâce ne doit pas être dilapidée ; elle a besoin d'être protégée des impies. Il y a ceux qui ne sont pas dignes du sanctuaire. La proclamation de la grâce a ses limites. La grâce ne doit pas être proclamée à quiconque ne la reconnaît pas ni ne la désire. Cela polluerait le sanctuaire lui-même ; et non seulement ceux qui pèchent encore doivent-ils être coupables devant le Très-Saint, mais en plus, le mauvais usage du Très-Saint se retournerait contre la communauté elle-même. Le monde à qui on impose la grâce comme une marchandise s'en fatiguera vite, et il ne trébuchera pas uniquement sur ce qui est Saint, mais il mettra en pièce ceux qui l'auront forcé. L'Evangile est protégé par la prédication de la repentance qui appelle le péché par son nom et déclare le pécheur coupable. La prédication de la grâce ne peut être que protégée par la prédication de la repentance.

(Commentaire de Mt 7.6. Exposé sur le pouvoir conféré à l'Eglise par Dieu. Mars 1937)

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3. La foi sans pénitence

Aujourd'hui, il est devenu banal de bavarder sur la foi ; mais comprendre ce qu'est la foi est impossible si on n'a pas prêché d'abord la vertu de la pénitence... Qui célèbre la foi en oubliant la pénitence, la doctrine de la crainte de Dieu et de la Loi, et en conduisant ainsi à une folle et superficielle sécurité charnelle, adopte une position d'esprit pire que celle que constituent les erreurs papales.

(Martin Luther (1483 - 1546)

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4. L'excuse et le pardon

Vladimir Jankélévitch (1903 - 1985) est un philosophe français. Professeur à la Sorbonne pendant près de trente ans, Vladimir Jankélévitch a marqué de nombreuses générations d’étudiants par ses cours de morale et de métaphysique autant que par sa personnalité.

L'excuse disculpe le coupable parce qu'elle le comprend.

Le pardon, lui, ne pardonne pas parce qu'il comprend. Il pardonne sans raison.

Le pardon ne connaît donc pas d'impossibilité.

Et pourtant, nous n'avons pas dit encore la première condition sans laquelle le pardon serait dénué de sens. Cette condition élémentaire, c'est la détresse et l'insomnie du fautif.

Cette condition est pourtant ce sans quoi la problématique entière du pardon devient une simple bouffonnerie.

A chacun sa besogne : au criminel le remords, à sa victime le pardon.

Le repentir du criminel et surtout son remords donnent seuls un sens au pardon, de même que le désespoir donne seul un sens à la grâce.

A quoi bon la grâce si le désespéré a bonne conscience et bonne mine ?

Le pardon n'est pas destiné aux coupables qui dorment et digèrent bien.

(La marche de l'histoire)

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Notes :

1Les Brigadiers de la Drôme l'ont fait, au début du Réveil, en 1922.

2 Un grand prédicateur que j'ai connu à Liverpool, le pasteur Stuart Olyott, commence parfois sa prédication en disant : Dieu a choisi un grand pécheur pour vous apporter Sa parole, ce matin. Paul a fait cela plusieurs fois...

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