Laïcité et respect des conviction (Un peu de sel, s'il vous plaît, 23)
Laïcité et respect des convictions
Je n'accorde aux sondages qu'une attention distraite. Celui dont on nous parle depuis quelques jours, (IFOP le 2 mars, commandé par la Licra), retient cependant mon attention. Un lycéen sur deux (52 %) serait favorable au port de signes religieux ostensibles dans son établissement, soit une proportion deux fois plus grande que dans la population adulte.
Pour une fois, la jeune génération me rassure. Ces lycéens estiment avoir le droit d'afficher leur identité (tout en refusant qu'on les y enferme). Quoi de plus légitime ?
La neutralité de l'Etat, on doit le redire, n'implique pas celle des citoyens. Les élèves vont à l'école pour apprendre ce qui compose ce monde. En quoi est-il instructif de cacher l'identité nationale ou religieuse de qui que ce soit, y compris des professeurs ? Que mon professeur de français soit athée, mon professeur de mathématiques musulman, en quoi cela est-il gênant, dès lors qu'ils enseignent leur matière comme ils doivent le faire ? Que mon médecin soit catholique et le secrétaire de Mairie soit protestant, où est le problème si chacun agit avec impartialité dans ce qu'on attend de lui ?
Ce qui est interdit, à juste titre, c'est le prosélytisme dans les lieux publics. Qu'est-ce que le prosélytisme ? C'est l'attitude qui consiste à imposer à quelqu'un un discours qu'il ne souhaite pas entendre, ou qui occasionne une gène dans le déroulement normal des choses. Un foulard sur la tête ou une croix autour du cou n'entrent évidemment dans aucun de ces deux cas de figure. Les interdire, serait le signe d'une réelle intolérance ou d'une grande fragilité. Dans les deux cas, ce n'est pas bon signe. C'est pourtant ce que l'on constate avec cette compréhension de la laïcité qui tend à vouloir « neutraliser le phénomène religieux, voire à l'invisibiliser » (Jean-Paul Willaime).
L'hebdomadaire catholique La Vie a publié récemment un article qui évoque l'inculture des hommes et femmes politiques sur les questions religieuses. On y lit cette citation du député de Toul, Dominique Potier : Quand l’esprit des grandes spiritualités et la connaissance du fait religieux s’effacent, il n’y a plus de barrages au retour de l’idolâtrie et de la confusion.
On l'avait remarqué. Ch. Nicolas
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