Dans sa doctrine sur l'Ecriture, Jean Calvin a affirmé que celle-ci est claire. Ses contradicteurs, parmi lesquels Michel Servet, se sont gaussés de lui : Si l'Ecriture est claire, pourquoi passer tant de temps à l'expliquer dans les sermons et les commentaires ? En logique toute humaine, ils avaient raison. Mais pas dans la perspective de la Bible elle-même.

 

 

1. Les sages et les intelligents

 

 

Quand Jésus enseigne ses disciples, ceux qui auraient dû comprendre ont été déroutés, comme Nicodème1, et ceux qui étaient les moins équipés ont perçu le sens profond de ses paroles, comme la femme cananéenne ou l'aveugle Bartimée2. On se souvient de nombreux quiproquos dans les dialogues, comme avec la femme samaritaine par exemple. La lumière se fait peu à peu, par des voies détournées. Quand Jésus parle en paraboles, il dit clairement que c'est afin que certains comprennent et d'autres pas. Ceux qui comprennent, ce sont ceux à qui cela est donné3. On se souvient de cette parole étonnante de Jésus : "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants" (Mt 11.25).

 

 

C'est dans ce sens que Calvin dit que l'Ecriture est claire. Il veut dire par là qu'il n'est pas nécessaire d'être un universitaire pour en comprendre le sens. Il veut dire aussi que Dieu ne s'est pas révélé de manière confuse, soit parce qu'il serait lui-même confus, soit par "jeu"... Le Psaume 119 exprime cela à maintes reprises : "La révélation de tes paroles éclaire, elle donne de l'intelligence aux simples" (v. 130).

 

 

C'est la raison pour laquelle les Réformateurs ont oeuvré pour que le texte même de l'Ecriture soit rendu accessible à tous, dans la langue parlée par tous – tandis que jusqu'alors, elle était réservée aux clercs et aux savants. A cet égard, le pari de la Réforme tient dans cette formule : Il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour lire l'Ecriture, mais lire l'Ecriture rend intelligent. Ainsi, les bergères amenaient-elles des portions de la Bible avec elles, tandis qu'elles gardaient leur troupeau.

 

 

Une parole des Proverbes dit cela aussi en pointant l'attitude du coeur : "Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est juste, mais ceux qui cherchent l'Éternel comprennent tout" (Pr 28.5). Cela confirme le sens de la notion biblique d'intelligence qui n'est pas exactement la même que celle que nous entendons aujourd'hui. Il faut ajouter quelque chose : ceux qui cherchent l'Eternel comprennent-ils absolument tout ? Bien sûr que non. Il faut entendre ; tout ce qui est nécessaire, tout ce qui est utile, ce qui implique que l'intelligence consiste notamment à renoncer à tout comprendre, en tout cas tout de suite ou avant le moment opportun. Luther l'a dit ainsi : "Il faut être fou pour chercher à connaître ce qu'il n'a pas plu à Dieu de révéler". Quand à notre difficuté à comprendre ce qui est révélé, elle est imputable à notre "lenteur à croire". Cela signifie que nous ne connaîtrons certaines choses qu'à la résurrection (1 Co 13.12), ou bien seulement plus tard dans notre vie, quand cela sera utile ou... quand notre maturité se sera accrue.

 

 

2. Des enseignants

 

 

Cela signifie-t-il qu'il n'est pas besoin que la Bible soit enseignée ? Pas du tout, et cela n'est pas contradictoire. Ainsi, les lettres de Paul sont adressées à tous les chrétiens, petits et grands, maîtres et serviteurs, mais des enseignants doivent cependant oeuvrer dans les églises, en "veillant sur eux-mêmes et sur leur enseignement"4. Tous sont-ils enseignants, demande Paul (1 Co 12.29) ? Tous ne le sont pas.

 

 

Comment expliquer cela ? L'explication tient au fait que l'entendement des hommes, y compris des chrétiens, est embrumé, lent à croire, lent à comprendre, du fait de la nature corrompue. Cela est dit tant de fois dans la Bible qu'il est sage d'en tenir compte ! Est-il donc inutile de lire la Bible tout seul ? Bien sûr que non, car celui qui lit la Bible avec un coeur sincère se tient devant Dieu et l'Esprit saint va peu à peu mettre en lumière des aspects nouveaux de ce qui est révélé. Mais de la même manière que les disciples ont été enseignés par Jésus, et les premiers chrétiens par les apôtres (Ac 2.42), de même aujourd'hui les chrétiens doivent être au bénéfice d'enseignants fidèles. Remplacent-ils le Seigneur ? Pas du tout, ils travaillent de sa part. Sont-ils infaillibles ? Aucunement. Seule l'Ecriture l'est. Mais comme le montre le Psaume 119 lui-même, c'est une activité continue, jamais achevée.

 

 

La pensée de la Réforme tient en deux mots : grâce et responsabilité. La grâce, c'est le recours à Dieu qui donne sans tenir compte des mérites, qui apporte la lumière à celui qui se tient devant Lui, notamment aux "simples", aux "pauvres", aux "enfants"5. La responsabilité, c'est la nécessité de gérer avec application et sérieux ce qui nous a été confié, notamment en fonction de dons et de vocations spécifiques. Dans ce sens, la Réforme a encouragé une lecture simple des Ecritures, disant que l'intention de l'auteur et le sens le plus évident du texte étaient généralement ce qu'il fallait garder. En même temps, elle a mis en valeur l'étude approfondie du texte, à partir du texte lui-même, dans sa langue originale et dans les contextes historiques et culturels de chaque période concernée. En ce sens, la prédication et l'enseignement sont un travail (1 Th 5.12 ; 1 Tm 5.17 ; Jc 3.1). Le fruit du ministère de l'enseignant ne dépend-il que de son travail ? Non. Ce travail sera rendu fécond par la prière, comme l'atteste l'apôtre Pierre (Ac 6.4).

 

 

3. L'unité de la Bible

 

 

Tout le monde sait que la Bible est diverse dans ce qui la constitue. On ne peut pas ne pas en tenir compte. Les époques, les lieux, les auteurs, les styles littéraires varient grandement. On se souvient aussi qu'il y a deux récits de la Création, qu'il y a quatre Evangiles. En même temps, nous croyons qu'il y a un seul Evangile6, qui d'ailleurs est déjà présent dès les premières pages de la Bible, et aussi qu'il y a un seul Auteur qui s'est exprimé au travers d'hommes choisis7. Ainsi, il n'est pas exagéré de dire que la Bible forme un tout, avec un centre qui est le Seigneur Jésus-Christ. Ruben Saillens l'a exprimé ainsi : "Le Christ tout entier dans la Bible toute entière".

 

 

De cela découle un principe important : la Bible s'explique par la Bible. Cela signifie que si des recherches historiques, ethnologiques et pourquoi pas psychologiques peuvent apporter des éléments utiles, les clés de compréhension du message biblique résident dans la Bible elle-même. Une vérité biblique est-elle mise en lumière ? Elle va apporter cette lumière à un grand nombre d'autres vérités demeurées obscures. On peut ainsi parler d'une compréhension dynamique de la Bible qui s'inscrit dans le temps.Chaque verset de la Bible est éclairé par tous les autres ; et chaque verset de la Bible apporte de la lumière à tous les autres. On comprend dès lors l'utilité, la nécessité de lire la Bible en entier et de regarder cette fréquentation du texte biblique comme une activité jamais achevée. Cela est d'ailleurs vrai pour la lecture simple comme pour la lecture savante.

 

 

La nature et l'unité du texte biblique justifient l'élaboration d'une saine théologie. En quoi cela consiste-t-il ? Cela consiste à repérer, dans l'Ecriture, les vérités qui apparaissent comme majeures, de premier ordre. Reconnues en tant que telles, ces vérités/doctrines éclaireront toutes les autres, les mettant dans une perspective juste. En un sens, c'est la lecture savante - qui n'exclut pas la lecture simple. C'est la lecture des enseignants – à divers niveaux – qui ne doit pas être méprisée. Jean Calvin justifie cette élaboration théologique – qui doit se situer ni au-dessus ni à côté de l'Ecriture mais soumise à elle – avec cette phrase : "Toutes les doctrines sont importantes, mais toutes ne sont pas aussi importantes"8.

 

 

4. Présupposés, texte, doctrines

 

 

Personne ne lit la Bible d'une manière neutre ou innocente. Qui que nous soyons, nous l'abordons avec des notions qui nous habitent, de par l'éducation ou suite à telle ou telle expérience. Ces notions, qui orientent notre compréhension du monde ou de la vie, constituent des présupposés. Tout lecteur de la Bible, qu'il en soit conscient ou inconscient, lit la Bible avec des présupposés (des lunettes) justes ou erronés, hérités de la famille, de la culture, de telle ou telle philosophie, etc. Par exemple, une personne matérialiste ou conservatrice ou progressiste lit la Bible... avec ses lunettes matérialistes, conservatrices ou progressistes, ce qui influencera inévitablement sa lecture. En un sens, on pourrait dire que chacun peut trouver dans la Bible ce qu'il y met ! On comprend le danger que cela constitue.

 

 

Si le lecteur est attentif à la Parole qu'il lit (ou qu'il entend annoncer), après que son coeur ait été touché (Ac 2.37 ; 16.14), cette Parole va peu à peu mettre en lumière ses présupposés, les corriger et parfois les remettre complètement en question. Cela ne se fera pas en un jour. Telle personne, par exemple, pense qu'il demeure en l'homme des aspects préservés du péché, des qualités naturelles qu'il s'agirait de développer pour devenir meilleur ou pour mériter quelque chose. Le contact avec la Parole de Dieu va peu à peu démentir ces pensées et faire apparaître qu'il ne demeure rien en l'homme qui ne soit contaminé et que nul mérite ne peut être présenté devant Dieu. Ce changement va-t-il s'opérer aisément ? Probablement pas. Il en est de même pour d'innombrables autres présupposés "hérités de nos pères" qui vont se heurter à la Parole de Dieu et nous la faire trouver difficile à entendre, comme l'ont dit les disciples de Jésus eux-mêmes.

 

 

Ainsi, la lecture du texte biblique va évoluer... avec le lecteur, devenant parfois bien différente de celle des premiers moments. Cette évolution témoigne de l'oeuvre transformatrice de Dieu dans les coeurs, dans les mentalités, comme en témoigne si bien le Psaume 119.

 

 

La cohérence de la Bible va rendre possible l'apparition progressive de doctrines (d'enseignements) sur des points importants : la nature de Dieu, la nature de l'homme, celle du péché, du salut, de l'espérance, etc. Au fur et à mesure que ces doctrines vont se préciser, elles vont remplacer les présupposés du départ et rendre possible une pensée peu à peu accordée avec la pensée de Dieu (Ps 36.10).

 

 

Ainsi, il y a un mouvement qui doit s'opérer, passant des présupposés au texte biblique, du texte aux doctrines, des doctrines aux présupposés peu à peu corrigés, la maturité consistant en un accord de plus en plus grand entre les trois éléments de ce cercle. C'est probablement ce que Paul entend quand il écrit : "Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s'élève contre la connaissance de Dieu, et nous amenons toute pensée captive à l'obéissance de Christ" (2 Co 10.5).

 

 

6. La lecture dynamique

 

 

Devant une difficulté de compréhension, il convient donc de s'interroger : où se situe l'obstacle à prendre en compte : au niveau d'un présupposé erroné, au niveau d'une doctrine déséquilibrée ou au niveau du texte peut-être mal compris ?

 

 

La lecture de la Bible et la prière permettront à celui qui a déjà beaucoup appris d'apprendre encore, sur lui-même, sur le monde et sur Dieu. En substance, la découverte de l'ampleur du péché avec ses méfaits n'est jamais achevée, pas plus que la découverte de la grâce et de l'amour infini de Dieu. Mais combien de raisonnements, combien de fausses assurances, combien d'échafaudages devront-ils être jetés à terre, y compris ceux qui nous paraissaient les plus ingénieusement assemblés ?

 

 

On pourrait dire qu'un chrétien est "en panne" ou freiné dans sa marche quand tel ou tel présupposé philosophique, idéologique ou religieux est ancré dans son coeur et sa pensée au point de résister, des années durant peut-être, face au témoignage de l'Ecriture appuyé par le témoignage du Saint-Esprit.

 

 

Si par exemple un lecteur pense que Dieu aime tous les hommes de la même manière, ou que tous les hommes sont frères ou que tous seront sauvés, il ne manquera pas de rencontrer des passages qui semblent dire le contraire. Ces passages lui paraîtront difficiles ! Soit il mettra ces passages en doute (même sans se l'avouer), soit il adoptera une interprétation ou une doctrine qui l'arrangent (on y arrive toujours), soit il corrigera sa conviction du départ, considérant que le texte a raison plutôt que lui. Un seul élément est infaillible : le texte, à condition qu'il soit correctement compris !

 

 

Cette condition suppose une juste attitude du coeur : me suis-je bien laissé enseigner jusqu'à maintenant ou suis-je encore attaché à des conceptions erronées qui devraient céder ? Mon attitude est-elle celle d'un disciple qui apprend ou celle d'un maître qui sait tout ? Me suis-je humilié devant Dieu afin d'apprendre de lui, comme le dit le Psaume 119 : "Il m'est bon d'être humilié, afin que j'apprenne tes statuts" (v. 67). Cela est important, primordial. Mais cela ne suffit pas.

 

 

La condition d'une compréhension correcte suppose aussi une étude conséquente du texte biblique, de son contexte, etc, les textes clairs éclairant ceux qui le sont moins. L'étude du texte relève de l'exégèse : étude du sens de chaque terme en référence au texte original hébreu ou grec, études des textes parallèles, etc. Aussi importante soit-elle, l'exégèse ne peut se passer d'une connaissance suffisante des doctrines majeures de l'Ecriture, puisque les doctrines tirées de l'Ecriture éclairent l'Ecriture.

 

 

7. Quelques exemples

 

 

a. "Le soleil... se lève à une extrémité des cieux et se couche à l'autre extrémité" (Ps 19.7). La difficulté posée par ce texte disparaît si on prend en compte l'intention de l'auteur : elle n'est pas de nous instruire sur le mouvement des astres mais de souligner la majesté et la permanence de ce mouvement qui disent la grandeur et la fidélité de Dieu (Ps 119.90-91).

 

 

b. "Toute la terre se prosterne devant toi et chante en ton honneur" (Ps 66.4). L'affirmation est au présent. Voyons-nous qu'une telle chose existe ? Une première résolution tient à l'hébreu dont beaucoup de mots peuvent être traduits de multiples façons. Le mot traduit par 'terre' peut aussi désigner 'le pays'. On aurait donc pu traduire : Tout le pays. C'est un peu différent ! Un autre élément peut être pris en compte : si dans chaque pays il y a ne serait-ce que quelques croyants qui se prosternent devant Dieu, le verset 4 du Psaume 66 dit alors une vérité : le pays est en quelque sorte représenté par les saints qui l'habitent.

 

c. "Tu ouvres ta main et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie" (Ps 145.16). Belle affirmation, mais que penser de ceux qui ont faim ? Comme nous l'avons indiqué dans l'exemple précédent, il y a dans la Bible ce qu'on pourrait appeler un universalisme défini. Universalisme : "Toutes les familles de la terre seront bénies en toi" ; défini : "Je bénirai ceux qui te béniront". Le même verset dit les deux dimensions (Gn 12.3). Le contexte immédiat, dans le Psaume 145, confirme cela : "L'Eternel est prêt de tous ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent avec sincérité ; il accomplit les désirs de ceux qui le craignent" (145.18-19). Le fondement n'est pas la Déclaration des droits de l'homme, mais l'alliance de Dieu envers son peuple, distincte de l'alliance qu'il a établie avec Noé et toutes les créatures.

 

 

Ici, on voit que la dimension doctrinale doit être prise en compte, en plus de la dimension exégétique. Ainsi, quand nous lisons que "l'Eternel soutient tous ceux qui tombent, qu'il redresse tous ceux qui sont courbés" (145.14), la portée du tous ne couvre pas nécessairement tous les hommes, mais ceux qui "espèrent en Dieu", comme le dit le v. 15. Les versets suivants confirment ce sens : "Il accomplit les désirs de ceux qui le craignent, il entend leur cri et il les sauve. L'Éternel garde tous ceux qui l'aiment, et il détruit tous les méchants" (19-20).

 

 

d. "De même que tous meurent en Adam, tous revivront en Christ" (1Co 15.22). Beaucoup de questions peuvent accompagner la portée du mot tous, notamment dans le Nouveau Testament. Pris au pied de la lettre, le v. 22 affirme le salut de tous les hommes sur la base de la résurrection de Jésus-Christ. De quel droit pourrions-nous réduire cette affirmation ? Le verset 23, cependant, définit la portée de la deuxième affirmation du v. 22 : "Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ". Des autres, il n'est plus question. Ainsi, dans le même verset 22, les deux mots 'tous' (le même en grec !) désigne une fois l'ensemble des hommes sans exception et l'autre fois l'ensemble des rachetés du Seigneur : tous, mais eux seuls.

 

 

Cette logique particulière est développée au chapitre 5 de la lettre aux Romains, où Paul parle de deux humanités : une en Adam et une en Christ. Chaque fois, une totalité est évoquée, mais elles ne sont pas identiques9 ! On peut comprendre qu'une telle révélation soit en mesure de bousculer un certain nombre de présupposés.

 

 

e. Les saints, les frères, le prochain... Affirmer que ces termes sont synonymes peut paraître étonnant, voire choquant, comme de dire que les pauvres ou les 'petits' dont parle le Nouveau Testament désignent les disciples de Christ. Si on donne à ces termes le sens que la Bible leur donne, et non le sens profane qui s'impose trop souvent, alors leur portée apparaît différente. Est-ce indifférent ? Bien sûr que non : les implications sont innombrables, faisant du regard et de la vie chrétienne tout autre chose qu'un idéalisme, une utopie.

 

 

"Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans ce qui est juste" (2 Tm 3.16).

 

« Tout le monde considèrerait la singulière navigation de Jonas comme un conte de fée si elle n’était racontée dans les Saintes Ecritures. Mais précisément parce qu’elle est racontée dans les Saintes Ecritures, je ne saurais la mettre en doute, sauf à mettre en doute, du même coup, tous les miracles consignés dans la Bible... Si tu ne peux pas comprendre... alors accorde au Saint-Esprit l’honneur d’être plus érudit que toi. Car il t’est demandé de ne pas oublier que ce que tu lis dans l’Ecriture, Dieu lui-même l’a écrit. Et parce que c’est Dieu qui parle, il n’y a pas lieu pour toi de faire dire à Sa parole ce que toi, tu aimerais qu’elle dise » Luther.

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Notes :

 

 

1"Tu es docteur d'Israël et tu ne sais pas ces choses !" (Jn 3.10).

 

2Mt 15.22 ; Mc 10.47

 

3"Il répondit : Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils ne comprennent point" (Lc 8.10). Remarquons qu'il en est de même pour la foi, selon ce que dit Jésus : "C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père" (Jn 6.65).

 

4"Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t'écoutent" (1 Tm 4.16).

 

Ces termes dans le Nouveau Testament désignent les disciples (Mt 10.42 ; Jn 21.5...).

 

Ga 1.8-9.

 

Hé 1.1-2 ; 2 Pi 1.20-21.

 

Dans ce sens il y a deux manières d'être hérétique : en enseignant des choses fausses ou en accordant à une vérité une place qui ne correspond pas à celle que la Bible elle-même lui donne. Prendre une vérité secondaire et en faire un enseignement de premier ordre relève d'une forme d'hérésie, c'est-à-dire d'un choix qui ne respecte pas la mesure biblique.

 

9Il y a là, de toute évidence, un élément doctrinal de premier ordre, car l'ensemble de l'Ecriture est porté par cette double perspective. "L'Eternel regarde du haut des cieux, il voit tous les fils de l'hommes, tous les habitants de la terre" (Ps 33.13s). "Voici, l'oeil de l'Eternel est sur ceux qui le craignent, sur ceux qui espèrent en sa bonté" (33.18).