L'espérance, qui en parle ?

 

Que dit Paul ensuite ? "Mais à cause de vous, il est plus nécessaire que je demeure dans cette vie". A cause de vous, ou : pour vous ! C'est exactement la prière de Jésus peu avant son procès. "Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ; toutefois, non pas ma volonté, mais la tienne !". C'était déjà mourir ! C'était déjà renoncer à la vie. C'était à cause de nous. C'était pour nous. Et la lettre aux Hébreux nous apporte un éclairage, concernant Jésus : "A cause de la joie qui lui était réservée, il a accepté la souffrance, la honte, la croix". En d'autres termes, c'est par son espérance (la joie qui lui était réservée) que Jésus a nourri son amour (donner sa vie) et sa foi (l'obéissance jusqu'au bout). Et si c'était cela, marcher d'une manière digne de l'Evangile...

Je vais dire quelque chose de délicat, ici. Parler aujourd'hui de mourir s'il le fallait à cause de la foi pourrait bien inquiéter les journalistes et les pouvoirs publics. Et quelques uns s'empresseraient de dire : Mourir à cause de la foi ? Loin de là !!!

Loin de là ??? Je vais poser une question : Est-ce parce que certains le vivent par embrigadement et par fanatisme, cela devrait être exclu, dans la perspective de l'Evangile ? (je précise : dans la perspective de l'Evangile) ? Eh bien non. La capacité de donner sa vie – y compris physiquement, est une démonstration de la maturité de l'Amour chrétien. Cela concerne l'amour des parents pour leurs enfants, cela concerne l'amour conjugal, cela concerne l'amour fraternel qui est le même que l'amour pour Christ. Cela concerne avant tout l'amour pour Christ.

En disant cela, Paul nous parle aussi de l'espérance qui l'habite. Pas le tombeau, mais la présence vivante du Sauveur. "Etre avec Christ, ce qui, de beaucoup, est le meilleur", dit-il. Quelqu'uns ont peut-être cela dans la tête aussi. Je l'espère. Je n'ose pas demander de lever la main si c'est le cas. Je devrais, peut-être...

Cela nous montre quelque chose de très important : pour le chrétien, la vie présente est préciseuse, nullement dépendante du hasard, mais elle doit être regardée à la lumière de l'espérance qui nous habite. En d'autres terme, c'est l'espérance qui m'habite qui éclaire le temps présents, l'étape présente. Vous voyez comment on s'approche du thème de ce soir : "Marcher d'une manière digne de l'Evangile". Qu'est-ce que cela veut dire ?

Un jour, il n'y aura plus que l'Amour. Mais pour le moment, il doit y avoir la foi, l'espérance et l'amour. Les 3 sont absolument liés ("Trois choses demeurent", dit Paul). On parle volontiers de l'amour bien-sûr. On se demande lequel, d'ailleurs. On parle quelques fois de la foi. Ce n'est pas totalement interdit. On se demande de quelle foi aussi, d'ailleurs, parfois. Mais l'espérance, qui en parle ? Or, si l'espérance manque, je doute qu'il y ait beaucoup de foi et beaucoup d'amour... Or, l'espérance manque souvent. Notamment aujourd'hui et ici. Reconnaissez qu'on n'en parle très peu, et avec gène ; même dans l'église.

Ch. Nicolas

(2016)

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