Pécher contre le Saint Esprit

 

Matthieu 12.31-32 ; Luc 12.10

 

Quelques remarques seulement.

 

1. Ces textes sont, il faut le reconaître, étonnants, notamment en ce qu'ils établissent une différence entre péché contre Jésus-Christ et pécher contre le St Esprit. Cela démontre que bien que très étroitement liés (en un sens idissociables), Jésus-Christ et le St Esprit ne peuvent pas être confondus.

 

2. Il me semble que le St Esprit, pour ce qui est du salut, agit sur deux axes principaux :

  • il convainc du péché (Jn 16.8 ; 1 Jn 1.5-10)

  • il convainc que Jésus est le Christ (Jn 16.13 ; 1 Jn 4.1-3).

 

Refuser ces deux révélations, c'est évidemment s'opposer clairement au témoignage du St Esprit ; c'est le faire menteur.

 

3. Le contexte des deux textes qui utilisent cette expression est un peu différents (Mt 12.31-32 et Lc 12.10). Dans les deux cas cependant, il me semble important de retenir qu'il s'agit moins d'un acte ponctuel ("je l'ai fait, c'es trop tard") que d'une attitude d'opposition persistante (Os 4.17 ; Cf. Pharaon, Saül...). Par exemple d'un refus de demander pardon. Le brigand repentant a peut-être péché contre le St Esprit plus d'une fois. Mais quand il invoque le secours de Jésus-Christ, ce secours lui est accordé à l'instant.

 

4. Nb 15.27-31 donne une indication avec l'expression "agir à main levée", c'est-à-dire volontairement, résolument, solennellement, publiquement. Il me semble que c'est la différence entre "être infidèle" (même gravement) et renier (2 Tm 2.12-13). La différence est importante ; cela ne rend pas pour autant l'infidélité anodine, car une infidélité persistante peut ressembler à un reniement (sans le devenir nécessairement toutefois). C'est comme un dérapage controlé et un dérapage incontrolé... Il y a une différence, mais... ce sont deux dérapages.

 

5. La première épitre de Jean donne 4 signes qui démontrent un coeur régénéré :

  • reconnaître que je suis pécheur (1 Jn 1.5-10 ; 2.15-16 ; 3.3-8...)

  • reconnaître que Jésus est le Christ (1 Jn 2.1 ; 3.8 ; 4.1-3 ; 5.11-12)

  • aimer la Parole, les commandements de Dieu (1 Jn 2.4 ; 3.22-24 ; 5.2-4)

  • aimer les frères et soeurs dans la foi (1 Jn 2.9-11 ; 3.10, 14, 18-19, 23 ; 4.11-12, 20-21 ; 5.1-2)

 

Autres textes à examiner : Hé 6.4-6 ; 1 Tm 1.13 (Paul agissait "par ignorance") ; Hé 3.12-13 ; 1 Jn 5.16-17

 

Pour ma part, je crois qu'une personne qui a réellement connu Christ (été connue de lui) et l'adoption qui est en lui demeure au Seigneur pour toujours. Si quelqu'un se détourne de manière volontaire, déterminée et durable, c'est qu'il ne l'a jamais connu.

 

Il est vrai qu'un chrétien peut vivre dans la défaite et porter peu de fruit, "chuter bien lourdement" comme dit Calvin. C'est dommage, mais cela ne fait pas de lui un non chrétien.

 

Charles Nicolas