LE MARIAGE

Eléments de préparation

 

1. Un engagement pour la vie

Le mariage est un des engagements les plus importants que l'on puisse prendre : après celui de la foi, avant celui de la profession. Bien que dévalué par la législation et les pratiques actuelles, le mariage demeure une des réalités les plus fondamentales de l'existence.

Institué par Dieu dès la Création, le mariage a une légitimité universelle, quelles que soient l'époque ou la culture. Le couple est la plus petite cellule sociale ; puis vient la famille.

Comme engagement de fidélité entre deux êtres à la fois semblables et différents, le mariage est aussi l'image sacrée de l'Alliance entre Dieu et son peuple. En ce sens, c'est un engagement irrévocable : on se marie pour la vie.

 

2. Une aventure avec des bases

Se marier est toujours une sorte de pas vers l'inconnu. Il est sage, cependant, de pouvoir compter sur des bases de confiance suffisantes. Notre relation tiendra-t-elle dans les passages difficiles ?

Il ne faut minimiser ni la différence de nature et de sensibilité entre un homme et une femme, ni les différences de tempérament. En conséquence, il n'est pas négligeable de pouvoir s'appuyer sur des bases communes qui rendront ces différences fécondes : - un fondement spirituel commun

- des références culturelles et sociales comparables

- une stabilité suffisante dans la vie affective et pratique.

 

Si un de ces points n'était pas acquis, il faudrait que les deux autres le soient particulièrement. Des échanges sincères et approfondis sont nécessaires pour une bonne connaissance réciproque.

Avoir vécu ensemble avant le mariage n'apporte pas de sécurité supplémentaire.

Autant que possible, il est bon d'avoir l'approbation des parents.

 

3. Amour et sentiments

Le degré d'émotion ou d'idéalisme du début ne garantit pas la sécurité dans la durée. Les progrès de chacun constituent un atout bien plus important. En d'autres termes, le mariage dépendra de la croissance personnelle de chacun des conjoints. On ne se marie pas pour vivre dans le ciel, mais sur la terre ! L'amour est quelque chose de fragile qui demande à être cultivé et nourri. Il ne doit pas aller en diminuant mais en se fortifiant.

Dieu accordera son aide, mais le bonheur dans le mariage dépendra largement du couple lui-même et de sa volonté à se laisser diriger.

Le chrétien affermi permet un mariage affermi.

4. Une aventure avec des règles

Jésus a dit : « Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ». Impressionnés par une telle responsabilité, ses disciples ont dit : « Si c'est ainsi, mieux vaut ne pas se marier ! » (Matth 19.6, 10).

Ce qui est sûr, c'est qu'il vaut mieux réfléchir avant de se marier.

L'homme n'est pas libre de faire du mariage ce qu'il veut. L'engagement du mariage implique que l'on quitte une situation antérieure pour une autre, nouvelle (Mt 19.5). « Devenir une seule chair », c'est vivre un engagement qui, de deux êtres, forme une unité indissociable, dans une totale solidarité.

Martin Luther a dit : « Un bon mariage est la meilleure des choses ; un mauvais mariage est la pire des choses ».

 

5. L'école de l'amour

Le mariage est une passionnante mais exigeante école d'amour. L'amour vrai est un don de soi, une manière de servir l'autre, un engagement à chercher le bonheur du conjoint avant le nôtre.

On comprend alors l'importance de la confiance et de l'engagement réciproques. Si cette réciprocité n'existe pas réellement, le mariage peut devenir une dure école de souffrance.

L'amour est un don de soi. La Bible enseigne que le don de soi est de l'ordre de la soumission pour l'épouse ; il est de l'ordre du sacrifice pour le mari (Eph 5.22, 25).

Toi, es-tu prêt à te donner ainsi à ton conjoint ?

En réalité, l'union sexuelle dans le mariage exprime cette consécration.

 

6. Se marier « selon le Seigneur »

Les couples qui se marient « selon le Seigneur » (1 Cor 7.39) ont de bien meilleures chances de vivre une union riche et durable. Se marier avec un(e) chrétien(ne) est certes très important, mais d'autres éléments doivent être examinés :

- la femme chrétienne doit se marier avec un chrétien qui l'aime, qui est prêt à donner sa vie pour elle et à qui elle peut se soumettre volontairement ;

- l'homme chrétien doit se marier avec une chrétienne dont le cœur est attaché au Seigneur, et qui lui sera donnée comme une aide précieuse (Gen 2.18 ; Prov 18.22).

 

7. Chercher la volonté de Dieu

Un désir commun, chez les deux conjoints, de chercher la volonté de Dieu et de la mettre en pratique apporte une base incomparable pour le mariage et la famille. Lire ensemble la Parole de Dieu, prier ensemble, se pardonner et s'accorder après chaque dissension, accueillir l'amour et l'autorité de Dieu dans notre maison, c'est se préparer à recevoir l'aide la plus précieuse qui soit.

Demander à Dieu sa bénédiction sur notre mariage, c'est désirer cela sincèrement.

Ch. Nicolas

LA BENEDICTION DU MARIAGE

Eléments de préparation

 

1. Demander la bénédiction de Dieu

 

Dans les églises protestantes, le mariage est d'abord considéré comme une réalité sociale qui déborde le cadre de l'Eglise. L'officier d'état civil est habilité à recevoir les engagements des époux et à enregistrer le mariage qui est alors valide. Les conjoints peuvent demander, s'ils en comprennent la signification, la bénédiction de Dieu sur leur union. C'est le sens de la cérémonie au temple.

 

2. Qu'est-ce que la bénédiction ?

La bénédiction, c'est l'approbation de Dieu, base de toute paix et de toute joie véritables. Cette approbation n'exige pas un certain degré de connaissance ou de perfection, mais un désir sincère de rechercher la volonté de Dieu pour la mettre en pratique. Ce désir est suscité par la découverte de l'amour de Dieu :

désirer ce que Dieu veut, c'est désirer le meilleur pour nos vies.

Une bénédiction n'est donc pas un porte-bonheur qui s'achète ou se mérite, une sorte de protection qui agirait indépendamment de notre attitude.

Demander à Dieu sa bénédiction signifie que l'on désire ouvrir notre vie et notre maison à ce qu'Il a à nous dire, à nous apporter : sa présence, son conseil, son secours, son pardon, sa lumière, ses projets...

 

3. Pas seulement le couple, mais aussi chacun...

Avant de demander la bénédiction de Dieu sur le couple, je dois d'abord la désirer et la recevoir dans ma propre vie.

Il n'est pas juste de compter sur le mariage pour résoudre les problèmes que je ne suis pas prêt à régler dans ma propre vie. Il n'est pas bon de s'appuyer sur l'autre pour excuser mes négligences personnelles. Il est logique, si on désire que notre mariage soit enrichi de la présence et de la direction de Dieu, que chacun soit déjà engagé dans cette marche dans la foi.

La paix dans le mariage passe par la paix de chacun avec Dieu.

Chacun, dans le mariage doit donc garder sa piété personnelle, son intimité avec Dieu, sa responsabilité personnelle, en tant qu'homme, en tant que femme.

Toute bénédiction reçue par un des conjoints sera bénéfique pour le couple.

Tout problème non réglé dans ma vie personnelle pèsera sur mon conjoint, sur notre couple.

4. Le respect de soi et de l'autre

Ce point paraît évident mais il mérite d'être évoqué. Un amour sain implique le respect de soi-même et le respect de l'autre. Prendre soin de soi (mon corps, mon âme, mon esprit) est aussi une manière d'honorer son conjoint. Le respect de soi passe par l'acceptation d'être aimé de Dieu d'un amour immérité.

Respecter l'autre signifie que je l'accepte tel qu'il est, que je n'essaye pas de le changer pour qu'il devienne ce que je veux qu'il soit. Mon influence sur lui doit l'aider à devenir ce que Dieu veut qu'il (elle) soit. Le respect de l'autre implique d'être sexuellement pur avant et dans le mariage (Hébreux 13.4).

 

5. Communiquer vraiment

Cela aussi ne vient pas tout seul ! Pour une bonne communication, il est nécessaire de tenir compte des différences qui existent entre hommes et femmes, sur le plan émotionnel, mental, physique. Cela nécessite beaucoup d'écoute et d'attention.

Tenir compte des différences ne nie pas l'égalité qui doit aussi être affirmée : il est bon qu'une forme d'amitié se construise aussi au sein du couple : les échanges ne devraient pas seulement traiter des questions pratiques à régler, mais ils doivent aussi se nourrir de vrais moments de partage des préoccupations personnelles sur une palette de sujets aussi variés que possible.

Mon conjoint n'est pas seulement mon conjoint : il est aussi une personne !

Mon désir est d'être en bénédiction pour lui, et de trouver en lui un sujet de bénédiction.

Les tensions et les divergences sont véritablement résolues quand il y a pardon et accord (Eph 4.32). Le temps seul n'efface pas les problèmes. Enfouis, ceux-ci ressortiront toujours, d'une manière ou d'une autre. Il est important de savoir prononcer des paroles « qui communiquent une grâce » (Eph 4.29) : Je me suis trompé(e) ; je suis désolé(e) ; je te demande pardon ; je t'aime.

Il est important de savoir s'encourager mutuellement : l'autre aussi a des fardeaux et des combats à mener. Ma vocation est de l'aider. Il est vital de ne pas « polluer » le couple avec des paroles impures, blessantes, impulsives.

 

6. Un foyer ouvert

Préserver l'intimité du couple ne justifie pas de ne vivre que l'un pour l'autre. L'esprit de possession ou de jalousie n'est pas dans l'amour. Il est nécessaire d'avoir des amis avec lesquels il sera possible de partager. Il est sage de savoir tenir compte des conseils, tout en assumant des choix personnels.

Si la maison doit être un lieu paisible où il est possible de trouver du repos, c'est aussi pour que d'autres puissent en profiter. Le foyer chrétien doit devenir un lieu d'accueil, spécialement pour les personnes seules ou en difficulté.

 

7. Le couple, la famille

Il est impossible d'envisager le mariage sans la perspective d'accueillir et d'éduquer des enfants. Ce n'est pas la seule, mais c'est une de ses vocations. Avant l'école, avant l'église, la maison est le premier lieu d'apprentissage des leçons les plus importantes de la vie.

Ch. Nicolas